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        Et si je vous résumais ma vie de photographe en chiffres? Oui, oui, j’ai bien dis en chiffres, en « likes », pas en photos!
        Vous n’avez pas compris, regardez je vous explique!

        Aujourd’hui 13 Mars 2017, Elles&Eux Photographie, moi, ça se résume à ça:
        – Facebook 768 Likes
        – Instagram 395 Followers (come on ! on est presque à 400! Danse de la joie!)
        – Tweeter….Ah je n’en suis pas encore arrivée là 😉
        – Projet 365, Jeu de Mains: 265-365 !!!! yeah!!! plus que 100!! c’est une chiffre clé, une sacré étape! plus que 100 petits jours et c’est fini!

        Et si on continuait: par exemple, en 13 jours (les 13 jours du mois de Mars) mon P365 a récolté 1209 likes…ma meilleure photo en a obtenu 95. D’ailleurs,95 c’est le meilleur score jamais obtenu sur Instagram (et non je ne paye pas des followers pour liker mes photos!)

        Comment je sais tout ça ?
        C’est tout simple, il existe des dizaines d’applications qui vous diront à quel point vous êtes « likés » ou pas. Celle que je viens d’utiliser s’appelle « LikeMeter »…un peu comme quand on s’entraine pour un marathon, et que la montre nous dit combien de kilomètres on a parcouru…ou pas.

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        >Vous allez finir par vous demander ou je veux en venir? A ça justement!

        Un projet 365, 100, 52, au final peu importe le nom…S’engager dans un tel projet, selon moi, souligne une démarche artistique. Cela signifie qu’un artiste, un photographe va s’engager à créer, à raconter une histoire, à se dépasser.

        Cela l’est encore plus pour un projet 365. Il n’y a pas de break, tous les jours il faut être inspiré, créatif! Il faut se pousser à aller plus loin, à se diversifier. Bien sur, il faut aussi respecter les règles que l’on s’est fixé. Par exemple: j’ai choisi de travailler le thème des mains, d’illustrer à quel point elles font partie de nos vies, les histoires qu’elles racontent. Oui ça, cette définition, c’était il y a 265 jours!

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        La semaine dernière j’ai pris une photo de mon plus jeune fils, dans le cadre du thème de mois pour le collectif Narrateurs de Vie, sur les {fenêtres}. J’ai de suite adoré le rendu, la lumière était belle, les textures intéressantes, le flou racontait une histoire…bref, mission du jour accomplie. Par contre, venu le moment de poster cette photo, je me suis dit : »olala, elle est quand même bizarre, non? », »c’est un peu space », « les gens ne vont pas me comprendre », « elle ne va pas me rapporter de likes ».
        Je répète: « elle ne va pas me rapporter de likes ».

        Point.

        Point d’interrogation ?

        D’un seul coup, j’ai été frappée. J’ai réalisé avec stupéfaction, presque un peu d’horreur, ou j’en étais arrivée.
        Un projet artistique, un engagement photographique, une envie de raconter des histoires et de les partager était maintenant en train de se résumer à une histoire de likes… Point d’interrogation ?? Comment en suis-je arrivée là?

        Alors, peut-être y a-t-il une déformation professionnelle ? Anciennement responsable de magasin pour une compagnie internationale, les chiffres ont fait partie intégrante de ma vie de tous les jours. Chaque jour, chaque mois, chaque année, un objectif de vente, un objectif de taux de conversion, un objectif de taux de satisfaction client, un panier moyen en nombre d’articles et en valeur…Bref, pendant 13 années, j’ai reçu des chiffres, je les ai donnés, je les ai lus, analysés, décortiqués. Cela pourrait donc expliquer certaines choses.

        Oui, mais la vérité se trouve ailleurs.

        Je fais partie de la génération Facebook. Je fais partie de ceux pour qui ressentir une émotion se résume trop souvent à « liker », appuyer sur un coeur, un pouce en l’air. Remercions Facebook de nous avoir apporté quelques variantes avec les « waouh, triste, en colère ».
        Nous avons maintenant le droit de ressentir plus de choses !

        Moi la première, combien de fois, je « like ». Cependant, je ne marque pas quelques mots pour féliciter la personne. Je pourrais lui témoigner ce que j’ai ressenti en voyant son incroyable photo, en lisant son article. Je pourrais souligner le travail que la personne a fourni pour en arriver là.Non, ça ne fait pas partie de mes habitudes, car j’ai déjà fais l’essentiel: j’ai « liké ».

        Ou sont passés les petits mots en papier qu’on faisait circuler sur les bancs du lycée? les lettres qu’on écrivait à nos amis et à nos proches? les petits messages sympathiques qu’on envoyait pour les anniversaires? Non, ils ne sont plus. Aujourd’hui on « like. »

        Alors est-ce que c’est ça, au final, être photographe ? Est-ce qu’être un artiste ça signifie avoir toujours plus de likes? comme tous les autres photographes qu’on admire tant?

        Est-ce que ça veut dire que notre travail n’est valable que si tel photographe ou tel blog a « liké » ?

        Je ne vous parle même pas des cris d’extase et danses de la joie lorsque ces mêmes blogs publient une de mes photos! C’est un peu comme Noël puissance super 10 000!

        En conclusion, il semblerait que je me sois laissée prendre aux jeux parfois néfastes des réseaux sociaux.

        Je ne crache pas dans la soupe, attention, j’aime ces réseaux sociaux, ils me donnent accès à des informations, et me permettent d’en partager aussi. Ils sont aussi une vitrine de mon travail. Ils sont une source d’inspiration. Mais cela doit rester une source « d’Inspiration », nous donner envie d’aller de l’avant, pas d’être roulée en boule sur son lit en train de se dire qu’on ne sera pas à la hauteur.

        Ironie du sort ou signe du destin: cette fameuse photo dont je doutais tant a été publiée deux fois! Bien sûr j’étais flattée, ça serait mentir que de dire le contraire!
         

        et vous, vous likez, likes?
         

        Cependant, la conclusion de tout cela, c’est qu’au final il y a eu un « like », un « coeur » qui comptait plus que tous les autres pour cette photo. Ce coeur, c’était le mien. Lui seul suffisait.

         
        J’ai relu récemment un très joli article de Caroline Cuinet sur « Pourquoi nous avons besoin d’avoir un carnet de compliments?* ».

        Pour les jours, où j’ai peur que mon « coeur » ne suffise pas, je me suis fait des captures d’écran de compliments. Pas des « likes », non, non! De vrais mots, des traces, laissées par des collègues, amis, clients.

        Pour les jours ou je ne pense pas être à la hauteur, ils seront là pour me ramener à l’essentiel: faire ce qui me plaît et rester fidèle à qui je suis et les valeurs qui m’animent.

        Ils seront là pour me faire dire : « Yes, I can! »

         
        et vous vous likez, likes?

         
        * Pour lire le super article de Caroline Cuinet et commencer votre carnet de compliments, c’est par ici!

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